L'utilisation de l'eau comme outil de production et d'énergie autour du Léman

Le lac Léman, en plus de son potentiel touristique, représente une source importante d’énergie longtemps ignorée. La quête d’une énergie propre et renouvelable a pourtant permis d’attirer l’attention sur le lac et d’exploiter cette nouvelle facette.

L’eau, énergie durable et propre

Utilisée aussi bien pour chauffer en hiver que pour climatiser en été, c’est bel et bien l’eau du lac Léman la clé de cette révolution énergétique. Quelle que soit la saison, à partir d’une certaine profondeur, la température de l’eau reste stable. C’est cette caractéristique qui est exploitée dans cette technique de production énergétique. Pour rafraîchir les bâtiments, l’eau pompée en profondeur circule dans un échangeur thermique relié au réseau de climatisation. Et pour chauffer, l’eau passe par une pompe à chaleur qui la chauffe à la température nécessaire et l’envoie dans les radiateurs. Si chauffer demande un peu plus d’énergie que rafraîchir, dans les deux cas, c’est plus propre et plus économique.

Quelques inconvénients surmontables

D’un point de vue financier, passer à l’énergie thermique demande de lourds investissements pour installer les infrastructures et les canalisations. C’est pourquoi les quartiers en construction pourront plus aisément être équipés, car les canalisations peuvent être prévues dans les plans. Bien que cette énergie soit à la fois économique et écologique, il faudra sans doute tout de même attendre quelques années avant qu’elle soit financièrement rentable.

Pour que cette technique reste écologique et n’aie pas un impact négatif sur la faune et la flore du lac, l’ordonnance fédérale sur la protection des eaux a fixé des limites strictes afin de garantir que l’eau rejetée dans le lac ne dépasse pas une certaine température, ainsi qu’un certain pourcentage de chlore, même si des études montrent que l’impact sur la température de l’eau du lac est faible et peu durable. En effet, l’eau rejetée est plus chaude que celle pompée, et passe parfois par des conduits traités au chlore. La qualité de l’eau du lac est une priorité pour la région, qui veille jalousement à la préserver.

Genève à la pointe

Loin d’être nouvelle, cette technique, utilisée depuis 1985  par l’EPFL pour chauffer son site d’Ecublens et depuis 2004 par la ville d’Ontario pour climatiser le centre-ville, a également cours à Genève, où on exploite l’eau du lac Léman depuis 2009 pour chauffer et climatiser plusieurs bâtiments aux alentours de l’ONU. Efficace, économique et écologique, cette technique est appelée à s’étendre dans le canton. Dans une ère de transition énergétique, l’utilisation de l’eau du lac Léman comme source d’énergie est un atout de plus pour préserver l’environnement de cette belle région.


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